Publié le 22 Octobre 2017

 

Le petit caillou de l’enfance

Qui pique dans ta chaussure

Tu la retires et tu vois

Cette lueur au fond de ses yeux

 

Le petit caillou qui pique

Dans ta poche

Tu le glisses

Et chaque jour

Où que tu sois

Tu entends son écho

Tu écoutes sa voix

 

Le petit caillou est doux

Il est instruit

Il est partageur

C’est un messager un compagnon

Qui,

Où que tu sois

Est là

Dans ta poche

Présence attestée

Petite lueur

Fleur de lune

Rayon de rosée

Rosée en fleur

Pâle lueur :

Puissance.

 

Le petit caillou de tes jours tristes

De tes jours gais

C’est un arc-en-ciel

Un caméléon déguisé en humeurs

Il est aussi transparent que le cristal

Et quand tu veux le consulter

Il se fait diseuse de bonne aventure

 

Le petit caillou est un soufre jaune et pur

Qui se fait baume quand tu souffres

Qui se fait écharpe quand tu tousses

Qui se fait main quand tu cherches celle que tu as perdue

Qui se fait battement quand ton pouls se perd

Dans les interstices de la vie qui parfois veulent te perdre

Dédale confus méandre perfide : non

Il ne faut pas écouter le chant de ces sirènes

Méconnaissant la magie de la pierre

 

Le petit caillou qui brille qui chante qui écrit l’espoir

Celui qui a pour nom amour

Celui qui signe chaque soir l’aventure d’une nuit

Le petit caillou qui jamais ne s’effrite

Qui ressent qui tressaille qui bondit qui se fait paille

Quand parfois tu l’oublies

Qu’il soit gravier qu’il soit noble qu’il soit monté

Sur un bijou

Ou démonté sur la plage

Qu’il soit fruit qu’il soit algue qu’il soit fougère

Qu’il soit bague sur la patte de l’oiseau

Ou infusion d’obsidienne dans une tasse de quartz fumé

Le petit caillou est celui qui sait tout

Il ne faut jamais oublier de l’interroger

Car au plus profond de nos yeux

Au plus profond de nos espoirs

Au plus profond de nos doutes

Vit en nous l’enfant que nous avons été

Cette base sur laquelle s’est construit l’édifice de notre vie

Avec un petit caillou dans sa chaussure.

 

Carole Radureau (22/10/2017)

 

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Quartz rose étoilé

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Publié le 21 Octobre 2017

Frère Pablo je t’écris

Frère Pablo je t’écris.
Alors que, sans un cri, sans un bruit, tu as éteint la lumière rouge de ta vie
Alors que dans un souffle
Ta rime s’est tarie ton verbe a soufflé sur la dernière page du monde
La flamme continue de briller dans ton œuvre
Frère Pablo
Te lire et te relire te connaître et te découvrir
Apprendre et encore apprendre du message de tes mots
A l’infini
Toujours
Sans se lasser
Traquer la vérité comprendre le savoir reconnaître la connaissance
Ouvrage de longue haleine
Minute après minute
Heure après heure
Jour après jour
Année après année
Toute une vie s’il le faut pour assimiler l’œuvre unique
La rendre vive la démultiplier
Quand ton souffle te fus pris par l’assassin déguisé
Je n’étais que petite fille
Ton nom m’était inconnu
Et notre rencontre inconnue elle aussi
Je ne savais pas combien de points communs
Je ne savais pas que les mots sont des pétales de rose
Sur lesquels s’accrochent les rêves
Je ne savais pas que les textes sont des trains de nuage
Tirant derrière eux les luttes et leurs fruits
Pour te découvrir
Pour te connaître
Il faut toquer à ta porte pourtant grande ouverte
Sauter à pieds joints dans le cerceau ouvert
De ta dialectique
Et se donner pour grammaire un grand ciel découvert
Une radieuse cordillère
Une hanche étroite de patrie triturée
Et un grand océan d’amour porté par la vie
Frère Pablo je t’écris en me disant combien d’années de ce lutteur
Nous ont-ils retirés
Nous sommes orphelins de tes textes restés à couver dans ta matrice féconde
Nous sommes orphelins du lutteur du conteur méconnaissant la langue de bois
Nous sommes orphelins du grand homme de l’épicurien et du sage érudit
Chaque fois que je t’écris je le dis
Tu m’as tout appris le verbe la nature l’histoire la géographie le sens de la vie
Tu es plus qu’un frère, frère Pablo
Tu es un père
Et aussi une mère qui nourrit nos pensées et nos muses de son lait chaud de vin et d’embrun
Je puise chaque jour dans le puits sans fond de tes textes
La sève et le poing levé
Je puise chaque jour dans la rose mouillée de ta prose
La force de me lever et de crier et d’écrire et de vivre
Pour toi par toi
Pour eux pour nos graines à venir pour la mémoire de nos anciens
Pour nourrir encore nourrir la sève de nos combats.

Carole Radureau (21/10/2017)

Frère Pablo est le titre d’un des poèmes de Pablo dans le Chant général (Les fleurs de Punitaqui)

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Aragonite

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Publié le 20 Octobre 2017

Vent du peuple

Je suis assis sur les morts
Qui se sont tus pendant deux mois.
J’embrasse des souliers vides
Et j’empoigne rageusement
La main du cœur
Et l’âme qui le maintient.
Que ma voix s’élève aux montagnes,
Descende à la terre et tonne :
C’est ce que demande ma gorge,
Maintenant et depuis toujours.
Approche-toi de ma clameur,
Peuple du même lait que moi,
Arbre qui, dans tes racines,
Me retiens prisonnier,
Car je suis ici pour t’aimer,
Je suis ici pour te défendre,
Avec mon sang, avec ma bouche,
Comme avec deux fusils fidèles.
Si je suis sorti de la terre,
Si je suis né d’un ventre humain,
Misérable, avec pauvreté,
Je n’existe que pour me faire
Rossignol de la misère,
Echo de ton mauvais sort,
Pour chanter et répéter
A tout venant qui m’écoute
Les peines des pauvres gens
Et tout ce qui touche à la terre.
Hier le peuple se leva
Nu et sans rien pour se vêtir,
Famélique, et sans rien à manger,
Le jour qui se lève aujourd’hui
Est de justice orageuse,
De justice ensanglantée.
Dans sa main les fusils
Se changent en lions,
Pour en finir avec les fauves
Qui l’ont été tant de fois.
Même si te manquent les armes,
Peuple aux cent mille pouvoirs,
Que tes os ne s’ébranlent pas,
Châtie celui qui te blesse,
Il te reste encore des poings,
Des ongles, de la salive -, il te reste
Des attributs mâles et des dents.
Brave comme le vent brave,
Léger comme l’air léger,
Assassine qui t’assassine,
Hais celui qui te hait
La paix de ton cœur
Est le ventre de tes femmes.
Qu’on ne te blesse pas dans le dos,
Vis face à l’ennemi et meurs
La poitrine ouverte aux balles,
Large comme une muraille.
Je chante avec ma voix en deuil,
Mon peuple, je chante tes héros,
Tes angoisses qui sont les miennes
Et tes malheurs composés
Du même métal que mes pleurs,
Tes peines de la même trempe
Et taillées dans le même bois,
Tes pensées, filles de mon front,
Ton cœur qui est avec sang,
Ta douleur avec mes lauriers.
Rempart au bord du néant,
Cette vie me ressemble.
Je suis ici pour vivre,
Tant que mon âme résonnera,
Et je suis ici pour mourir,
Quand mon heure arrivera,
Aux sources profondes du peuple,
Maintenant et depuis toujours.
Plusieurs gorgées font la vie,
Et une seule gorgée fait la mort.

Miguel Hernández traduction par Rolland-Simon pour le journal Commune juillet 1937

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Aragonite

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Publié le 19 Octobre 2017

Une croissance lente affermit la pensée

Comme la graine
Qui doucement élève
Son fruit
Vers les hautes sphères
Inconnues
De la canopée
Je veux pousser
Tranquille
Sans faire de bruit
La robe de ma pensée
Que sa macule soit ferme
Que son aura ne soit pas ternie
Que son élucubration
Soit claire
Que l’histoire
Portée dans sa veine
Soit belle et prospère

Comme l’arbre
Qui doucement érige
Sa haute stature
Sa douce armure de feuilles
Son armature de bourgeons
Précieux
J’aimerais que grandisse ma pensée
Vers un horizon
Dégagé
Vers un ciel sans nuages
Vers un lit d’étoiles
Tout juste bordé
Par le lait d’amande de la lune.

Carole Radureau (19/10/2017)

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Bois fossilisé

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Publié le 18 Octobre 2017

Je souris de voir le facétieux moineau
La tendre mésange
Et l’espiègle pinson
Comme l’eau de sa douceur
Pénètre l’onde de mes pores
La joie
Véhiculée par le reflet
Des eaux
N’est-elle pas le doux poisson argenté
Qui attend d’être pêché ?

Nulles larmes dans le frisson des eaux
Nulles pensées tristes et funestes
Que le dessin d’un sourire enfantin
Celui de deux mains enlacées
Enlacées à parcourir le monde
Enlacées dans la noirceur de la nuit
Enlacées comme un regard
Tourné vers la joie à venir.

Carole Radureau (18/10/2017)

laguna Qullelhue Araucanie- Par Pato Novoa from Valparaíso, Chile — laguna Quillelhue, Puesco, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50577287

laguna Qullelhue Araucanie- Par Pato Novoa from Valparaíso, Chile — laguna Quillelhue, Puesco, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=50577287

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Agua marina

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Publié le 22 Avril 2017

Mère-fougère

En ce troisième jour de floréal, le calendrier républicain fête la fougère.

Je ne pouvais pas passer à côté sans le voir. 

Voici pour vous qui passez par ici, amis de la poésie, amis des forêts profondes et de la pachamama. 

Mère-fougère

J’ai entendu ton chuchotement
J’ai senti ton patchouli confus
Où as-tu poussé ton premier cri ?
Où as-tu déposé tes petites valises vertes ?

J’ai senti ton souffle pur
J’ai entendu ton rire tendre
Il est doux de se savoir comprise
Quand dans l'humus s’élève une crosse
A l’infini.

J’ai omis de citer ton nom
Tu es la mère de combien de fougères ?
J’ai oublié qui était le père
Dis : combien de sons combien d’envies combien de rêves
As-tu permis
De s’éclore
Sur terre ?

J’ai senti ton souffle, son regard tourné vers l’horizon
J’ai bu tes paroles au bord des lèvres de tes semences
J’ai rêvé qu’un tapis de petites fougères envahissait le monde
J’ai tissé une à une tes mailles : j’en ai fait un poncho de verdure
J’ai tricoté un à un tes spores, un spore à l’endroit, un spore à l’envers :
J’en ai fait un tricot de pur jersey des bois
J’ai fabriqué un engrais en me servant de ton message profond
J’ai tamponné mon courrier du cœur avec l’aigle sous ton talon
J’ai tressé un hamac de tes crosses avides pour y coucher l’amour
J’ai écrit ton nom, mère-fougère à d’autres associés
Née de ton lait, fruit de ta sève, enfant de ta douceur, porteuse de ton eau
Je vais de par le monde
Une fougère au cœur
Une fougère encore
Une fougère enseignante des choses de la vie
Dans mon petit sac tressé de tes veines
J’ai mis mon cœur
J’ai posé mes lèvres sur tes promesses
Et fermé mes yeux sur l’espérance de ton avenir.

Carole Radureau (21/04/2017)

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Forêt d'émeraude

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Publié le 19 Mars 2017

Supplique

 

 

Le jour de ma mort

Je veux un simple trou

En pleine terre

Sans flonflon ni cercueil

Au pied d’un châtaigner

Je veux être un festin pour les vers

Peut-être que l’un d’eux

Curieux et téméraire

Ira sur ce sentier qui descend au moulin

Peut-être que la burle le poussera au ruisseau

Pour qu’il soit à son tour le festin

D’une truite solitaire

Et quand je serai chiure de truite

Je pourrai faire le voyage

De la Sialinette à la Méditerranée

En naviguant le Doux

En naviguant le Rhône

J’espère que ce sera la fin de l’été

Quand les nuages s’abreuvent

A l’appel des Cévennes

Alors le vent du sud les poussera plus au nord

Jusqu’aux montagnes du Vivarais

Sur l’épaule desquelles ils pleureront septembre

Je pourrai enfin dans cette pluie éternelle

Retrouver cette terre que j’aime tant

 

Hobo-Lullaby

 

 

 

supplique

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

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Publié le 26 Février 2017

Sur le chemin de l’Arrée

J’écris pour une terre à peine sèche, encore

Fraîche de fleurs, de pollen, de mortier,

J’écris pour des travées de bruyères asséchées par les vents

Des nids d’ardoises pures calcinées par les tourments des hommes

Et dans l’ornière ténébreuse

Je fais mon nid

Tout assoiffé de sève et d’embruns

Un nid de vie endormie dans la soie des amours ténébreuses

Un cocon d’amour pur.

 

D’où suis-je issue sinon de ces matières neuves et

Bleues

Qui s’emmêlent ou se hérissent ou se destituent

Qui s’enracinent dans le ferment des ajoncs échevelés

Ou s’entrechoquent dans les dents de la tempête

Ou se morfondent des interstices du schiste vénéneux

Qui a décidé de lier son existence à la sombre proximité des exploiteurs ?

Je suis née de la rencontre de la pierre et de la misère reproduite

Je suis le fruit de la marne et du charbon de l’ardoise et du granite

Et dans mon sein bat le sang rouge de la bruyère et la sève jaune du genêt

Un zeste de pomme a arrondi les angles et une fougère a hébergé le fruit.

 

La nuit je dors comme les fleuves : je parcours

Ceci ou cela, sans répit, je romps, je donne de l’avance

A l’obscurité natatoire, je soulève les heures

Vers la lumière féconde qui a écrit son hâle

à l’encre de sel

Sur un mur de granite toutes fables confondues.

Dans un chemin de pierre la rose énergique a glissé deux aiguillons

De peine pour écrire avec le sang des sacrifiés :

Hommes, géniteurs de mes ans qui avez écrit l’histoire dans la sueur

Une à une vos veines ont brûlé comme la lande éconduite

Et dans votre sacrifice la montagne a pleuré ses pierres chaudes

Le sel a figé son cri dans un chardon ennuyé

Et le goéland a chanté oubliant son cri de rappel.

 

Mais je suis moi le nimbe de métal, l’anneau

Enchaîné à des espaces, des nuages, des terrains,

Qui photographie les coutures élimées du manteau terrestre

Qui caresse d’une main tendre la rugosité du granite

La douce attente de l’ardoise

Et qui dans une attitude transposée

Unit la prière de la licorne à la volonté de l’hippocampe.

 

Carole Radureau et Pablo Neruda (en italique extraits de Eternité in Le chant général – 25/02/2017)

 

Sur le chemin de l’Arrée

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

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Publié le 11 Février 2017

 

Un mouchoir sur le cœur
Un pan de montagne accroché à tes rêves
La bise est une compagne ardente
Généreux est son souffle
Et surtout continu

Il n’est pas une minute sans que mes pensées
Buses égarées dans le sillon du temps
S’envolent
Parachutées par l’essentiel et la vertu sa sœur
Prises dans le tourbillon des incertitudes

Si le genêt à oublié l’odeur de ses vœux
C’est pour mieux garder ouverts les yeux
De la liberté
Jaune est la liberté en sa robe de renaissance

Si le châtaignier a endormi dans ses racines détrempées
La mémoire des ans
C’est pour mieux garder vifs et argentés
Les doux propos du passé
Enrobés de la corolle des coquelicots
Jamais ne fanent la sincérité de leurs propos

Dans le ciel de cristal et de nuages affairés
La buse a barré sa queue d’un message de feu
Et dans ses serres le mouchoir se tient serré
Avec les pleurs séchés
Et les roses musquées des liens profonds

L’histoire est un pan de nos vies
Affaissé sur le pied des lits endormis des ruisseaux
Il suffit d’une libellule pour engranger les milles mots
Nécessaires
Aux phrases qui espèrent
Et dans un joyeux gargouillis la truite fario
Emmène avec elle l’histoire des hommes
Pour l’abreuver de ses lèvres bées de poisson d’argent.

Carole Radureau (06/02/2017)

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Grès bigarré

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Publié le 4 Février 2017

La brisure du temps a écrit
Dans le granite composite
Le vers fuyant vers l’avenir
Un pygargue a fait son nid
Dans le défilé des connaissances
Et dans son vol se lisent les pictogrammes inconnus.

Il n’est point de rêves
Sans évaluer les lieux
Il n’est point d’écriture
Sans sceller le passé avec le sédiment de l’avenir
Dans le défilé des passions éternelles
A roucoulé le rio des inquiétudes.

La veine de la pierre a deux yeux
Et un cœur pour aimer
La veine de la pierre compte mille vibrations/seconde
Et dans un effort prestigieux
Elle hisse de son mieux
Sa véritable armature
Son négligé de mica et de feldspath en un canyon vertigineux.

J’ai lu dans tes yeux, granite
Le sang qui a coulé sans pour autant défendre ton propos
J’ai lu dans ton quartz grandissant
La délicate expression des natifs
Qui regardaient ton cœur avec des yeux de respect
Qui défendaient ta sève avec la pointe d’obsidienne de leurs flèches.

Dans un rude éboulement
Ton sang ne fait qu’un tour
Et c’est un pan de ton existence qui dévale
Le dénivelé de l’intolérance.

J’ai entendu ton cri d’Apache
J’ai déchiffré ta bulle de cristal
J’ai décidé d’envoyer la muse en avant-garde du temps
Lever pour toi la vérité.

Carole Radureau (04/02/2017)

 Wichita mountains- By Larry Smith - https://www.flickr.com/photos/lsmith2010/8582759843/in/set-72157625528685037, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37279032

Wichita mountains- By Larry Smith - https://www.flickr.com/photos/lsmith2010/8582759843/in/set-72157625528685037, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37279032

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Larme d'apache

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