Publié le 19 Mars 2017

Supplique

 

 

Le jour de ma mort

Je veux un simple trou

En pleine terre

Sans flonflon ni cercueil

Au pied d’un châtaigner

Je veux être un festin pour les vers

Peut-être que l’un d’eux

Curieux et téméraire

Ira sur ce sentier qui descend au moulin

Peut-être que la burle le poussera au ruisseau

Pour qu’il soit à son tour le festin

D’une truite solitaire

Et quand je serai chiure de truite

Je pourrai faire le voyage

De la Sialinette à la Méditerranée

En naviguant le Doux

En naviguant le Rhône

J’espère que ce sera la fin de l’été

Quand les nuages s’abreuvent

A l’appel des Cévennes

Alors le vent du sud les poussera plus au nord

Jusqu’aux montagnes du Vivarais

Sur l’épaule desquelles ils pleureront septembre

Je pourrai enfin dans cette pluie éternelle

Retrouver cette terre que j’aime tant

 

Hobo-Lullaby

 

 

 

supplique

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

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Publié le 26 Février 2017

Sur le chemin de l’Arrée

J’écris pour une terre à peine sèche, encore

Fraîche de fleurs, de pollen, de mortier,

J’écris pour des travées de bruyères asséchées par les vents

Des nids d’ardoises pures calcinées par les tourments des hommes

Et dans l’ornière ténébreuse

Je fais mon nid

Tout assoiffé de sève et d’embruns

Un nid de vie endormie dans la soie des amours ténébreuses

Un cocon d’amour pur.

 

D’où suis-je issue sinon de ces matières neuves et

Bleues

Qui s’emmêlent ou se hérissent ou se destituent

Qui s’enracinent dans le ferment des ajoncs échevelés

Ou s’entrechoquent dans les dents de la tempête

Ou se morfondent des interstices du schiste vénéneux

Qui a décidé de lier son existence à la sombre proximité des exploiteurs ?

Je suis née de la rencontre de la pierre et de la misère reproduite

Je suis le fruit de la marne et du charbon de l’ardoise et du granite

Et dans mon sein bat le sang rouge de la bruyère et la sève jaune du genêt

Un zeste de pomme a arrondi les angles et une fougère a hébergé le fruit.

 

La nuit je dors comme les fleuves : je parcours

Ceci ou cela, sans répit, je romps, je donne de l’avance

A l’obscurité natatoire, je soulève les heures

Vers la lumière féconde qui a écrit son hâle

à l’encre de sel

Sur un mur de granite toutes fables confondues.

Dans un chemin de pierre la rose énergique a glissé deux aiguillons

De peine pour écrire avec le sang des sacrifiés :

Hommes, géniteurs de mes ans qui avez écrit l’histoire dans la sueur

Une à une vos veines ont brûlé comme la lande éconduite

Et dans votre sacrifice la montagne a pleuré ses pierres chaudes

Le sel a figé son cri dans un chardon ennuyé

Et le goéland a chanté oubliant son cri de rappel.

 

Mais je suis moi le nimbe de métal, l’anneau

Enchaîné à des espaces, des nuages, des terrains,

Qui photographie les coutures élimées du manteau terrestre

Qui caresse d’une main tendre la rugosité du granite

La douce attente de l’ardoise

Et qui dans une attitude transposée

Unit la prière de la licorne à la volonté de l’hippocampe.

 

Carole Radureau et Pablo Neruda (en italique extraits de Eternité in Le chant général – 25/02/2017)

 

Sur le chemin de l’Arrée

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

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Publié le 11 Février 2017

 

Un mouchoir sur le cœur
Un pan de montagne accroché à tes rêves
La bise est une compagne ardente
Généreux est son souffle
Et surtout continu

Il n’est pas une minute sans que mes pensées
Buses égarées dans le sillon du temps
S’envolent
Parachutées par l’essentiel et la vertu sa sœur
Prises dans le tourbillon des incertitudes

Si le genêt à oublié l’odeur de ses vœux
C’est pour mieux garder ouverts les yeux
De la liberté
Jaune est la liberté en sa robe de renaissance

Si le châtaignier a endormi dans ses racines détrempées
La mémoire des ans
C’est pour mieux garder vifs et argentés
Les doux propos du passé
Enrobés de la corolle des coquelicots
Jamais ne fanent la sincérité de leurs propos

Dans le ciel de cristal et de nuages affairés
La buse a barré sa queue d’un message de feu
Et dans ses serres le mouchoir se tient serré
Avec les pleurs séchés
Et les roses musquées des liens profonds

L’histoire est un pan de nos vies
Affaissé sur le pied des lits endormis des ruisseaux
Il suffit d’une libellule pour engranger les milles mots
Nécessaires
Aux phrases qui espèrent
Et dans un joyeux gargouillis la truite fario
Emmène avec elle l’histoire des hommes
Pour l’abreuver de ses lèvres bées de poisson d’argent.

Carole Radureau (06/02/2017)

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Grès bigarré

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Publié le 4 Février 2017

La brisure du temps a écrit
Dans le granite composite
Le vers fuyant vers l’avenir
Un pygargue a fait son nid
Dans le défilé des connaissances
Et dans son vol se lisent les pictogrammes inconnus.

Il n’est point de rêves
Sans évaluer les lieux
Il n’est point d’écriture
Sans sceller le passé avec le sédiment de l’avenir
Dans le défilé des passions éternelles
A roucoulé le rio des inquiétudes.

La veine de la pierre a deux yeux
Et un cœur pour aimer
La veine de la pierre compte mille vibrations/seconde
Et dans un effort prestigieux
Elle hisse de son mieux
Sa véritable armature
Son négligé de mica et de feldspath en un canyon vertigineux.

J’ai lu dans tes yeux, granite
Le sang qui a coulé sans pour autant défendre ton propos
J’ai lu dans ton quartz grandissant
La délicate expression des natifs
Qui regardaient ton cœur avec des yeux de respect
Qui défendaient ta sève avec la pointe d’obsidienne de leurs flèches.

Dans un rude éboulement
Ton sang ne fait qu’un tour
Et c’est un pan de ton existence qui dévale
Le dénivelé de l’intolérance.

J’ai entendu ton cri d’Apache
J’ai déchiffré ta bulle de cristal
J’ai décidé d’envoyer la muse en avant-garde du temps
Lever pour toi la vérité.

Carole Radureau (04/02/2017)

 Wichita mountains- By Larry Smith - https://www.flickr.com/photos/lsmith2010/8582759843/in/set-72157625528685037, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37279032

Wichita mountains- By Larry Smith - https://www.flickr.com/photos/lsmith2010/8582759843/in/set-72157625528685037, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=37279032

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Larme d'apache

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Publié le 28 Janvier 2017

 

Ils avaient vendu leur âme au diable

Ils avaient déposé sur l’injure

Leur front

Et sur la hanche encore tiède de la patrie

Des meurtrissures profondes

Une dague d’argent cruellement enfoncée

Laissait s’écouler des perles de vie

Laissait couler des larmes de vigne rouge.

 

Oubliée la stature imposante

Les épées verdoyantes telles des lames offertes à la défense du pays

Oubliée la magnifique épopée stellaire

Dans le sein de la lune reposait

La goutte de l’araucaria et sa neige dérobée.

 

Oubliée l’étoile pure

Le gant profond

L’écorce tuméfiée du canelo

Le bois sacré qui dirigeait le peuple Mapuche

Sous le don de son économie.

 

Le coquelicot avait envoyé son message de sang

Sa jupe écarlate

Dans un éclat de volonté

Et quelques étincelles avaient brillé

Qui n’étaient pas celles qui mettent le feu aux poudres.

 

 

Dans sa bonté le boldo pleurait des larmes de jaspe

Son thé ne supportait pas d’être bu sous le feu des sacrifices

Et l’ulmo au nectar qui rendait folles les abeilles

Avait écrit sur l’argile des temps perdu

Un message échevelé.

 

Les nothofagus étaient des hêtres d’exception :

Leur feuillage sentait bon les contrées au sang profond

Coihue évident dans le vent se dessinait ton harmonie

Lenga au bois décisif

Lenga aux coloris déclinant l’été austral

La terre était fière de porter tes frères.

 

Dans l’ombre épanouie et généreuse des sous-bois

Se tapissait l’alerce et son écorce endormie au formol

En danger était le géant lahuen et il ne voulait pas faire d’ombre à son cousin

D’Amérique le séquoia.

 

Dans son négligé de volupté

Sonnait la cloche fière le lait d’avoine du copihue

C’était sa cloche qui avait donné l’alerte

L’alerce avait crié

L’araucaria s’était fâché

L’armée des arbres sacrés de la forêt native

Avaient juré que bon sang ne peut mentir :

Ces intrusions, ces exotiques sur leur sol

Ne pouvaient vivre

Très longtemps :

Monoculture-injure

Monoculture-fric sale

Les cousins des tropiques avaient une robe sensible aux flammes

Leur bois épris des airs n’étaient plus que nuages.

 

C’est ainsi que brûlent jour après jour

Les apports capitalistes des hommes sur le cœur de la terre-mère

C’est ainsi que partent en fumée les capitaux maudits :

Pas une journée sans que le Chili ne s’enflamme

Pas un jour sans que pleurent la terre et les hommes innocents.

 

Dans sa voracité impérialiste

Dans sa soif de toujours plus

Le pilleur plante pille et brûle

Le pilleur plante pollue et replante

Chaque parcelle est un plus de gagné sur la terre native

Chaque parcelle est une torche en devenir.

 

Ils peuvent trouver des responsables faciles

Ils peuvent chercher d’où vient le vent

Dans sa chair la mère-terre a repris ses droits

Et ses fonctions vitales ont une saine parole :

C’est la régénération.

La justice naturelle pour l’insulte faite en son nom.

 

Dans l’ignoble attitude des conquérants

Dans la criminelle attitude des pilleurs

La noblesse des forêts relève sa tête

Elle pointe du doigt.

 

La terre est belle et féconde quand on la respecte

Les peuples originaires n’en souillent pas le sang

La planète est riche et prospère

Quand on respecte son état des lieux.

 

Carole Radureau (28/01/2017)

 

 

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 27 Janvier 2017

Je suis demandeur de cœur chauffé au blanc de l’espérance

Toc toc !
Je suis petit oiseau
A la recherche d’un abri
D’un petit repas de vermisseaux
Servi sur un plat d’obsidienne
Toc toc !
Je suis un chat abandonné
Ma noire couleur m’a fait la peau
Et dans le coin d’un caniveau
Je dors
Le ventre vide.

Toc toc !
Je suis une âme perdue
Un chien perdu sans son collier
Je ne sais pas ce qu’on me trouve
Chacun me fuit
Chacun me hait
On ne sait pas ma destinée
Et dans la rue j’entends des rires
C’est comme une avalanche
Qui brise ma vie
Sans rien demander.

Toc toc !
Y’a-t-il ici une place libre
Un endroit où poser mes guêtres ?
Toc toc !
Y’a-t-il ici
Un toit de zinc de tuile d’ardoise
Un toit
Rien qu’un toit
Pour abriter mes maux ?

Je suis un vagabond
Un laissé pour compte de la vie
Je fuis
Je rêve
Je suis
La société refuse mon être
Et pour paraître
J’aimerais que l’on respecte
Ma dignité.

Toc toc !
Oiseau du quartier
En passe de briser son sermon
Chat errant
En passe de manquer le repas du soir
Toc toc !
Migrant
Fuyant
Exclus
Perclus
Refus
De la société
Sans mon collier
Je demande l’asile
Y ‘ a-t-il ici une place
Pour réchauffer mon cœur ?

Je suis demandeur de chaleur
Je suis demandeur de cœur chauffé au blanc de l’espérance
Je suis demandeur d’asile en forme de réconciliation
Je suis demandeur d’un secours qui est un mot d’amour
Je suis demandeur d’un regard qui en dit long
Je suis demandeur d’une vie qui souhaite s’étirer
Je suis demandeur de votre main douce sur la mienne
Je suis demandeur de votre attention

Sur la lune des questions
Dort la destinée des sans abris
Sur la terre des pierres chauffées
Dort le sort des déshérités

Il n’y a pas de questions qui se posent
Quand la raison a mis le doigt sur sa raison
Ouvrir une brèche
Ouvrir une porte
Offrir une mèche
Offrir un toit
Et sur le sol froid de l’ombre
S’écrit au pluriel la destinée
De ceux qui ont un toit
Pour penser
A demain.

Carole Radureau (26/01/2017)

A Myriam qui ouvre les brèches, qui ouvre les portes, qui offre une mèche, qui offre un toit.

Yep !
Hip Hip Hourra !
Il fallait être à la cour d'appel de Bordeaux aujourd'hui pour voir le même procureur qui nous avait condamné-e-s il y a deux ans, avec le même dossier, à 3 mois de prison avec sursis et 8000€ de dommages et intérêts, se lever et dire qu'il n'y avait effectivement rien dans le dossier et que par conséquent, il requérait LA RELAXE !!!! 
Le délibéré a été fixé au 9 mars prochain. 
Un compte-rendu plus complet est à venir mais d'ores et déjà un grand merci à vous toutes et tous pour le soutien, l'amour, le courage donné, la force ! Toutes mes pensées pour Antoine ! On lâchera rien !

 

m. le 27/01/2017 sur fb

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Azurite

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Publié le 19 Janvier 2017

LE PARFUM DE L’IRIS

 

Aux cils d’une iris perlait la rosée

Ses joues de velours pour me faire comprendre

Dans l’écume des vagues retentissent ses dents

Son sourire qui crisse dans les neiges matinales

J’aurais tant voulu que tu m’apprennes à pleurer

 

Ton absence glisse sur mes interminables joues

Je ne peux sans soleil consoler la vieille ferme

Le vent du sud ne caresse plus notre montagne

Et emporte avec lui le secret de la tendresse

J’aurais tant voulu que tu m’apprennes à pleurer

 

Aux lèvres de l’iris il n’y avait point de nuages

La mer et le ciel entrelaçaient leur bleu

Ta tête inclinée sur nos doux lendemains

Comme une cerise charnue d’espoir

J’aimerais tant que tu m’apprennes à aimer

 

Hobo-Lullaby

 

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 23 Décembre 2016

 

 

Le silence du vent

 

Un signe de tes yeux

Ma main dessine la courbe de tes lèvres

Un signe de mes yeux

Ta main adoucit mes nuages

 

Tes doigts s’accrochent à mes larmes

Pauvre lampadaire un soir de pluie

Volcan bâillonné dans les sables mouvants

Tes fleurs se meurent dans la ruche vide

Un parfum d’acacia me promet ton pollen

 

Comment consoler nos fraises orphelines

Comment redonner des couleurs à la lune

Seulement les rassurer dans une coque vagabonde

Ou notre espoir vogua jusqu’à Valparaiso

 

Ton regard nacré

Les montagnes du sud

Ont gravé le doux sillage de notre comète

Avide d’éternité

 

Hobo-Lullaby

 

 

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Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Larme d'apache

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Publié le 25 Novembre 2016

Par XalD — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4332512

Hommage à ce grand poète qui nous a accompagné avec tant de générosité.

Le phare Marcos Ana

Tu as dessiné pour nous
Les arbres
Tu as peint des fleurs
De la plume légère de tes mots
De beaux fruits
Généreux et tendres
Des feuilles d’or et puis de vigueur
Tu as ouvert ton cœur
Comme une cour
Les hommes tout à coup
N’étaient plus prisonniers
L’espérance était en toi comme un aigle
Dominant le monde et ses injustices
Dominant les plaines
Sauvant les démunis des serres des rapaces
Erigeant des barrières de volonté
Contre les terribles haines des hommes

Marchant
Tête haute
Menton relevé
Toujours en avant (hacia adelante)
Portant une parole jamais trahie
Vive était cette parole
Phare Marcos tu étais
Père de nos valeurs
Porteur de l’eau du changement
Toi
Chargé de tous tes ans
Tu allais troubadour alerte
Tu étais vivacité
Exemple pour l’humanité

J’aurais pu t’écrire cette lettre
Te l’envoyer il y a 3 jours
Tu l’aurais eue
J’aurais pu te dire comme tu accompagnas si généreusement
Mon chemin de vie
J’aurais pu t’écrire
Comme ta poésie guide mes pas
Comme tu fais partie du cercle de mes poètes jamais disparus
Comme tu es le gardien de nos terreurs passées
Phare Marcos
Je t’offre une pensée de copal
Consumée dans l’abalone de la certitude
Tu sais même étoile tes pensées et tes mots habilleront les luttes
Le monde a gardé en lui un rayon de l’orange pure
Qui avait pour nom Marcos Ana
Les poètes ont levé bien haut le poing des idéaux :

Salue mon Pablo
Salue Nazim
Salue Federico et Miguel
Rafael et Machado
Salue Victor Jara et Ferrat
Salue Sarramago et Gabriela
Salue Mahmoud et puis Maïakovski !

Quelle fête sur le nuage de la poésie !
Des pluies d’étoiles de pleurs de muses
Des rimes en fleurs
Des proses en série
Irrigueront le monde de vos pensées si belles
Des figues et des roses
Du jasmin et des opales
Du miel et des grenades
Dans la grande coupe de la poésie porteuse d’espoir.

Carole Radureau (25/11/2016)


El faro Marcos Ana

Dibujaste para nosotros
Los árboles
Pintaste flores
De la pluma ligera de tus palabras
Bellos frutos
Generosos y tiernos
Hojas de oro y luego de vigor
Abriste tu corazón
Así como un patio
Los hombres de pronto
No eran presos más
La esperanza estaba en ti como un águila
Dominando el mundo y sus injusticias
Dominando las llaneras
Salvando los despojados de las garras de los rapaces
Erigiendo barreras de voluntad
Contra los odios terribles a los hombres.

Andando
Cabeza alta
Barbilla levantada
Siempre hacia adelante
Llevando una palabra nunca traicionado
Viva era esta palabra
Faro Marcos eras
Padre de nuestros valores
Portador del agua del cambio

Cargado de todos tus años
Ibas trovador alerto
Eras vivacidad
Ejemplo para la humanidad.

Habría podido escribirte esta carta
Enviártelo hace 3 días
Lo habrías tenido
Habría podido decirte como acompañaste tan generosamente
Mi camino de vida
Habría podido escribirte
Así como tu poesía guía mis pasos
Así como formas parte del círculo de mis poetas nunca desaparecidos
Así como eres el guardián de nuestros terrores pasados
Faro Marcos
Te ofrezco un pensamiento de copalo
Consumida en el abalone de la certeza
Sabes la misma estrella tus pensamientos y tus palabras vestirán las luchas
El mundo guardó en él un rayo de la naranja pura
Que tenía como nombre Marcos Ana
Los poetas levantaron muy alto el puño de los ideales:

Saluda a mi Pablo
Saluda a Nazim
Saluda a Federico y a Miguel
Rafael y Machado
Saluda a Victor Jara y a Ferrat
Saluda a Sarramago y a Gabriela
¡Saluda Mahmoud y luego Maïakovski!

¡Qué fiesta sobre la nube de la poesía!
Lluvias de estrellas de lágrimas de musas
Rimas en flores
Prosas en serie
Irrigará el mundo de sus pensamientos tan bellos
Higos y rosas
Del jazmín y ópalos
Miel y granadas
En el gran corte de la poesía portadora de esperanza.

Carole Radureau (25/11/2016

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Rédigé par caro et hobo

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Publié le 23 Novembre 2016

Cinq siècles identiques (cinco siglos igual)

CINQ SIECLES IDENTIQUES

Solitude sur des ruines, sang dans le blé
rouge et jaune, source du poison
bouclier de blessures, cinq siècles identiques.

Libérté sans galop, drapeaux brisés
orgueil et mensonges, médailles d'or et d'argent
contre l'espérance, cinq siècles identiques.

Sur cette partie de la terre l'histoire est tombée
comme tombent les pierres même celles qui touchent le ciel
ou qui sont près du soleil ou qui sont près du soleil.

Indifférente discorde, pardon et oubli
corps avec du minéral, des peuples travailleurs
des enfances pauvres, cinq siècles identiques.

Loyauté sur des tombes, pierre sacrée
Dieu n'est pas arrivé à pleurer, long sommeil du malheur
enfants de personne, cinq siècles identiques.

Mort contre la vie, gloire d'un peuple
disparu est le commencement ,il est final
légende perdue ,cinq siècles identiques.

Sur cette partie de la terre l'histoire est tombée
comme tombent les pierres même celles qui touchent le ciel
ou qui sont près du soleil ou qui sont près du soleil.

Ce sont des ténèbres avec des fleurs, des révolutions
et bien que plusieurs ne soient plus,personne n'a jamais pensé
leur embrasser les pieds, cinq siècles identiques.

****

CINCO SIGLOS IGUAL

Soledad sobre ruinas, sangre en el trigo
rojo y amarillo, manantial del veneno
escudo heridas, cinco siglos igual.

Libertad sin galope, banderas rotas
soberbia y mentiras, medallas de oro y plata
contra esperanza, cinco siglos igual.

En esta parte de la tierra la historia se cayo
......como se caen las piedras aun las que tocan el cielo
o están cerca del sol o están cerca del sol.

Desamor desencuentro, perdón y olvido
cuerpo con mineral, pueblos trabajadores
infancias pobres, cinco siglos igual.

Lealtad sobre tumbas, piedra sagrada
Dios no alcanzo a llorar, sueño largo del mal
hijos de nadie, cinco siglos igual.

Muerte contra la vida, gloria de un pueblo
desaparecido es comienzo, es final
leyenda perdida, cinco siglos igual.

En esta parte de la tierra la historia se cayo
como se caen las piedras aun las que tocan el cielo
o están cerca del sol o están cerca del sol.

Es tinieblas con flores, revoluciones
y aunque muchos no están, nunca nadie pensó
besarte los pies, cinco siglos igual.

León Gieco traduction carolita

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Rédigé par caro et hobo

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