Espiga de libertad

Publié le 1 Juin 2014

Espiga de libertad
Nous sommes nés de la nuit

Nous sommes nés de la nuit
Du silence monte la sève
De la sève nait la lumière

Nous sommes nés de la nuit
Comme les branches de l’espérance
Nous caressons la vie

L’école nous apprend le pain
Nous portons l’amour et la terre
Comme le ciel porte les étoiles

Le vent murmure les pyramides oubliées
Dans la géométrie de nos cœurs meurtris

La tendresse de nos mains calleuses
La mélopée de nos voix rocailleuses
Bénissent le souffle des montagnes

La vieille chanson d’Emiliano à l’infatigable refrain
Berce notre message au monde des hommes fous

Notre exigence est d’être humbles et dignes
De boire l’eau pure de nos yeux limpides
Pour que la lumière jaillisse de la nuit
Comme la vie jaillit du néant

Chaque goutte de pluie renforce notre volonté
Le soleil abreuve nos rêves

Nous sommes nés de la nuit
Pour faire l’amour à la Liberté

Hobo-Lullaby

Espiga de libertad

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Une robe de maïs et le sourire du vent

A l’école de la vie
Le vent se conjugue au présent,
Les vertes feuilles de maïs distillent dans la milpa rassurée
Leurs barbes effilées et leurs pensées ;
Dans les mains fières et dignes se cultive l’héritage du passé.

Au cœur d’un courant d’air rebelle
J’ai vu le sourire d’Emiliano,
Furtif tel le cheval qui s’enfuit à toutes jambes ;
Au sein de la collectivité
J’ai plié en quatre les feuilles luisantes
Autour du tamale de l’avenir,
Et dans un souffle, j’ai récité la prière du paysan qui dit sans façon :
Mi tierra y libertad !

Dans le vent se sont perdues les étoiles du firmament.
Scintillez, étoiles au-dessus de la selva endormie,
Scintillez dans le champ où germera la graine
Qui d’une poignée de terre étoilée à merci
Signera le feu sacré de la lutte pour la vie.

J’ai mis ma robe de maïs
Jaune comme mon cœur et velours comme mon âme,
J’ai installé sur mon sourire le vent et ses atours :
Dignité pour les comp@s me souffle-t-il en rageant.

Hommes de maïs,
Façonnés dans son argile nutritive et dans sa veine aimante,
Un sourire en coin jaillit du passe-montagne de la reconnaissance.
Ignorés les sans - visages pourtant fertilisent la terre commune
Qui écrit dans ses sillons le mot LIBERTE ;
Ignorés les sans-noms récitent à voix haute dans la brume
Le Ya Basta ! des opprimés,
Et sur les chemins ils cheminent sans hâte
En bas, à gauche et jamais en sens inverse,
Dans le sens de la terre qui sait et qui est juste
Pour tous ceux qu’elle reconnaît.

Carole Radureau (21/05/2014)

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Lance-pierre

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