Banlieue ouvrière de Roger Colombier

Publié le 21 Septembre 2013

Quatre heures du matin et la rue dort tranquille ;

L’aube ne soulève pas les plis de la nuit,

Chacun est dans son lit comme dans un asile :

Sous cette sérénité, le songe clair luit.

 

A deux pas, dans l’emportement d’un autre monde,

L’enceinte franchie, derrière des murs griffus,

Tout un essaim, multiplié sous la rotonde,

Trépigne avant d’être lâché dans l’air diffus.

 

Bientôt seront croqués des ouvriers en nombre,

Plombés sur le quai, sans un regard ni un cri,

Silencieux dans le prolongement de leurs ombres,

Sans couleur aussi comme d’éternels proscrits.

 

Un souffle orageux prend ces âmes moribondes

Vers un limon impur dénommé « le chagrin ».

Cette vague arrachée, la lune encore ronde,

Sur le quai, une fournée du même pétrin.

 

Roger Colombier

 

Banlieue ouvrière de Roger Colombier

Le poète

ou le technicien

qui mène les gens vers les biens matériels ?

Tous les deux.

Les cœurs sont comme des moteurs,

l’âme, un subtil moteur à explosion.

Vladimir Maïakovski (Le poète est un ouvrier)

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Les chroniques de Roger

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