Publié le 29 Janvier 2018

Il en faut du courage pour descendre dans la mine
Il n’y a que des braves
Et puis aussi des enfants
La mine demande parfois
De jeunes corps
Pour se faufiler
Entre ses veines futiles…..

Le petit mineur avait ce jour
Préparé une offrande particulière
Pour la terre-mère
La pachamama
Celle qui protège les mineurs
Quand ils sont au fond :

Feuilles de coca enfilées sur le fil de
L’espérance
Eclats d’étoiles filantes au sucre filé
Illuminant les ténèbres
Dans une feuille de bananier
Quelques gouttes de liqueur de témérité
(La pachamama apprécie l’alcool)
Un peu de tabac roulé dans une feuille de sauge
C’était pour qu’elle le fume plus tard
Quand les mineurs seraient à l’abri
Au fond de leurs lits

Accrochant son offrande
A la statue de pierre froide mais
Au regard chaud
Déposant son écot à la mère
De là-haut
Le petit mineur
Un grand souffle au cœur
Prenait son courage dans ses deux mains :
Eventail de rosée
Il prenait son courage, argent déployé
Illuminant le cerro Rico qui n’avait jamais
Tant brillé
Il partirait petit mineur dans le tunnel sans fin
Sans savoir si retour
Il y aurait
Il n’avait pas le choix
Il devait travailler……

Il était mineur en âge
Il était mineur de fond
Il avait raté le pallier de la fleur de l’âge
Il aimerait ne pas y rester,
au fond.

Carole Radureau (28/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Perles de lune

Repost0

Publié le 28 Janvier 2018

Par Paolo Monti — Available in the BEIC digital library and uploaded in partnership with BEIC Foundation.The image comes from the Fondo Paolo Monti, owned by BEIC and located in the Civico Archivio Fotografico of Milan., CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48075335

Serrée contre ses sœurs fougères
Sous la couverture de précautions
Dormait la fougère
Au creux du taillis des lendemains qui chantent

C'était promis
Dès l'éveil de la sève
Au signal de la lune bleue de sang
Elle lisserait ses volontés de verdure
Pour s'ériger
Comme jamais
Au plus haut de la clairière
Illuminant le bleu du ciel
Rivalisant avec la canopée

Enroulée
Dans son fourreau de délicatesse
Sa vertu se parait déjà
De mille idées combatives
De mille paillettes de liberté
Pour irriguer le monde
A sa façon

C'était promis
Depuis la tourbe chaude et confortable
Depuis le doux limon de terre-mère
Elle serait la fière porteuse d'espérance
Elle serait plume de fougère
En robe des bois
Poète des insondables profondeurs
Ecrivaine aux spores futiles et
révélateurs.

La plume des bois
Écoutant l'unisson des ondes
Imitant la poésie des korrigans
Dans un grand éclat de vie
Jaillirait
Au service de l'homme.


Carole Radureau (28/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Malaquita

Repost0

Publié le 25 Janvier 2018

A toutes les soeurs victimes de féminicides - YA BASTA la violence envers les femmes !!

A toutes les soeurs victimes de féminicides - YA BASTA la violence envers les femmes !!

Défendre nos corps-territoires
De ce qui les obstrue
Défendre nos parcelles comme la milpa
Se laisse envahir par les herbes sauvages
Pour donner d’elle
Le meilleur.

Défendre nos cordillères
Contre les barrières les pollutions les intrusions
Défendre nos sœurs-mères
Contre la main
Du démon.

Défendre la terre-semence joyeuse
Et sa germination
Fruit de saison.

Défendre nos utérus
Contre les coups-bas
Leurs graines fécondes
Chères têtes brunes ou blondes.

Défendre nos frontières
Autour de chaque ovaire
Résister à l’éventration
De nos trompes
Sans peur ni pardon.

Défendre ce qui vit en nous
Ce que l’on fait vivre
Pour la planète l’humanité
Défendre main dans la main
Femmes fillettes hommes garçons
Unis autour de la terre-mère
A l’unisson.

Défendre nos corps-territoires
Attaqués
Lourdement
Attaqués
Comme une image assombrie
Brunie
Noircie
La terre en lutte la femme en lutte
Pour le sol pour la graine pour la vie
Qui germe en elles
Pour le fruit qui s’éveille
Ebahi par la violence accrue
Il veut rentrer dans son nid
Mais il est trop tard
La vie suit son cours funeste
Emportant tout autour d’elle
Dans une débâcle désorganisée
Courent se jeter dans l’océan
Confus
Les germes de vie, les sémillas
Les vertus
Les espérances
Les insouciances.

Défendre une à une nos bontés
Défendre une à une nos clartés
Défendre une à une nos sœurs
Défendre une à une nos barricades
Universelles
Défendre une à une ce que nous sommes.

Carole Radureau (25/01/2018)

DEFENDER NUESTROS CUERPOS-TERRITORIOS

Defender nuestros cuerpos-territorios
De lo que los obstruye
Defender nuestras parcelas como la milpa
Se deja invadir por las hierbas salvajes
Para dar de ella
El mejor.

Defender nuestras cordilleras
Contra las barreras las poluciones las intrusiones
Defender nuestras hermanas-madres
Contra la mano
Del demonio.

Defender la tierra-semilla alegre
Y su germinación
Fruto de temporada.

Defender nuestros úteros
Contra los tiros-bajo
Sus semillas fecundas
Queridas cabezas morenas o rubias.

Defender nuestras fronteras
Alrededor de cada ovario
Resistir al eventración
De nuestras trompas
Sin miedo ni perdón.

Defender lo que vió en nosotros
Lo que se hace vivir
Para el planeta la humanidad
Defender mano en la mano
Mujeres niñas hombres chicos
Une alrededor de la tierra-madre
Al unísono.

Defender nuestros cuerpos-territorios
Atacados
Pesadamente
Atacados
Así como una imagen ensombrecida
Amarronada
Ennegrecida
La tierra en lucha la mujer en lucha
Para el suelo para la semilla para la vida
Que germina en ellas
Para el fruto que se despierta
Asombrado por la violencia aumentada
Él quiere volver a su nido
Pero es demasiado tarde
La vida sigue su curso funesto
Llevándose todo alrededor de ella
En un derrumbamiento desorganizado
Corren echarse en el océano
Confuso
Los gérmenes de vida, las sémillas
Las virtudes
Las esperanzas
Las despreocupaciones.

Defender una a una nuestras bondades
Defender una a una nuestras claridades
Defender una a una a nuestras hermanas
Defender una a una nuestras barricadas
Universales
Defender una a una las que somos.

Carole Radureau (25/01/2018)

Défendre nos corps-territoires – Version bilingue

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

Repost0

Publié le 23 Janvier 2018

Intersections de la civilisationIntersections de la civilisation
Intersections de la civilisationIntersections de la civilisation
Intersections de la civilisationIntersections de la civilisation

Tableau du ciel
Ardoise et coton à démaquiller
Rose poudreux
Gris chiné aux puces
Timide bleu qui ne demande
Qu’à s’épanouir enfin
Qu’ont-ils fait de ta panoplie
De tons doux
De petits pastels en
Murmures à peine
Ebauchés
Qu’ils ont déjà
Bouche fermée ?

Quadrillée
La toile de ton univers
Est une toile de fumée
Néfaste
Envahissant les airs
Polluant les idées.

Colonisé
L’espace est une grille sur laquelle
Ils mettront à chaque intersection
Une pompe à fric
Un gaspillage
Un incessant trafic de cette civilisation
Voyageuse
Affairiste
Bourgeoise
Pressée.

Je rêve d’un ciel dégagé
Je rêve de ne plus être envahie par les nuées
De pollueurs en jupes droites
Endimanchés et BCBG
Je rêve de voir un jour
Un ciel libre
Libre comme les gens qui veulent être
Libres
Un univers où l’on se perd
Sans injonction
Sans croisement
Sans intersection
Sans quadrillage
Sans calcul, non
Aucun.

Carole Radureau (23/01/2018)

Intersections de la civilisation
Intersections de la civilisationIntersections de la civilisation

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Poudre de kunzite

Repost0

Publié le 21 Janvier 2018

l'enfance volée - Iraqi Mohamed Rachid

Vol au premier matin de leur vie :

Risettes orientées vers le soleil
Eclats de cristal
Fusant dans l’écho du temps
Innocence en robe de coquelicot
Couleur fruits des bois épanouis
Insouciance enrobée de sa cape
Portant le doux nom de Joie de vivre
Le temps de vivre
Sa vie d’enfant
D’apprendre à compter des petits cailloux
(Et non des impacts de balles)
Le temps de ranger les petits cailloux
En faire des lignes des dessins et des villes
(Et non de les jeter sur les chars)
Un regard tourné vers la beauté
Vers l’espoir
Vers la vie
(Et non tourné vers la guerre
Et la mort)
Des bancs d’école sûrs sans garde-fous
(Et non des barreaux de prison)
Des caresses des baisers des étreintes
(Et non des coups et de la violence
Quotidienne)
Des jeux, des jouets, des champs libérés
Des arbres fruitiers
Sans chaînes
Des maisons aux aires libres
Des champs d’oliviers sans délimitation
(Et non des murs et des barrières et des clôtures)
La dignité et la justice
Des chansons des danses et de la joie
(Et non des cris des paroles dures et des
Revendications
Légitimes)


Quand au premier matin de leur vie
Leur a été dérobé l’essentiel pour former
Un adulte épanoui
Au midi de leur vie
Le combat n’est plus qu’une seule mesure-phare
Et la lutte
Une sœur indispensable
Si dans les prisons ne sont pas voilées
Leurs revendications
Le poing levé
Dans la rue dans le monde ils crient la vérité
Et demandent la justice

Le vol de l’enfance les a rendus adultes
Trop tôt
Le vol de l’enfance les a rendus matures
Il n’y a pas de sentence assez forte pour
Juger le voleur d’enfance
Il n’y a pas de prix assez élevé pour
Juger le voleur de terres.

Palestine libre !
Enfance libre !

Carole Radureau (21/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Lance-pierre

Repost0

Publié le 20 Janvier 2018

La nuit est une sœur triste qui vient déposer sur mes épaules
Un sombre châle couleur pétrole
Le son a gobé une à une les mouches insolentes qui croissent au soleil
Le son s’est amorti sous le coup de feutre de l’ardoise
Comme pour endormir les méduses de la nuit
La souffrance a revêtu un long déshabillé de soie électrique et insistante
Couleur encre de seiche
La souffrance ferme sur la nuit les volets du charbon confus d’en arriver-là
Les muses sont des papillons de nuit, enfants des courants qui semblent inconnus
Les muses chuchotent
Parfois gémissent aux oreilles endormies une chanson persistante
Pressée d’en finir
La nuit est une garde-robe qui s’évade
Sur le fil des ténèbres s’enfuient les petites culottes les leggings les soutiens-gorge
Les robes aux couleurs vives pour aller sécher dans les prairies noctambules
Situées sous le rayon direct chaud et doux de la lune
Demi-fille du diable
L’heure qui résonne à mes tempes a coupé la poire en deux de la sorcellerie
3:33 comme un sempiternel chant de chardonneret rouge
Aux accents de poète funèbre
La nuit est un havre où tout peut arriver
La nuit est une scène de théâtre où se jouent les paliers de notre histoire
Quand le jour se contente de monter des marches
Sans vie
Parfois de les descendre
Trop vite
Jusque dans la cave trop noire froide et dure
De l’éternité :
La nuit est une étape subtile de l’éternité
Un apprentissage de l’autre voyage
L’inconnu loin de faire peur
Doit plaire
Car plaire à l’inconnu
C’est écrire les mots de la nuit
Qui germent comme des fruits
Que voici.

Carole Radureau (19/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Pierre de lune

Repost0

Publié le 19 Janvier 2018

Le petit cireur de chaussures

Une salive-goutte de rosée
Un effort appuyé
Un geste
Appliqué
Il est aux antipodes de la rue
Le petit cireur de chaussures
Sur lui sa famille
Peut compter
Petit bouilleur de marmite
Il apportera
C’est promis
Son pain de la journée

Où vont tes pensées enfant
Qui vit dans la cour des grands
Qui se lève trop tôt chaque matin
Qui a appris à lire et à compter
Sur le trottoir de la cité ?

Des licornes bleues des papillons d’argent
Des fruits exotiques
Des pâtisseries légères ou non
Un univers d’enfant passe
Flamme fugace dans ses yeux
Avec une Insouciance
Avec une Innocence
Avec une Espérance
Avec un Chemin de vie
Droit tracé, sans fausse note
Avec le nécessaire
Le nécessaire c’est tout
Sans demander la lune
Juste de quoi vivre
Le ventre plein le toit sur la tête et les fesses
Sur le banc
D’une école.

Carole Radureau (17/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Perles de lune

Repost0

Publié le 13 Janvier 2018

Dans l’espace
Dans le noir
Dans la masse
Et dans l’oubli
VOIR la lumière
Eclairer la nuit
Peindre le rayon
De la lune bleue

Dans la guerre
Dans la fuite
Dans la furie
Dans l’adversité
Dans la nuée brune
Dans la brume
Dans le désespoir
VOIR une étoile
La caresser
La dessiner
La dupliquer
Et la vouloir
Pour soit
Pour les autres
Pour le monde

Dans l’histoire
Dans le présent
Dans l’avenir
Dans les livres
Dans les paroles
VOIR la beauté
La montrer
La désigner
La hisser fort et haut
Au plus haut
Sur les sommets
De la terre

Dans la vie de tous les jours
Dans les moments tristes
Dans les taches quotidiennes
Dans le renoncement
Dans l’oubli
Dans la lassitude
VOIR une fleur de lune
Un chardon qui pépie
Une petite vie qui naît
Un doux chuchotement :
C’est ainsi que l’onde du matin présent
Allume sa pointe de lumière
En fait une tresse d’éternité
C’est ainsi que le soleil entre par l’entre-deux
Des yeux d’un chat
Illumine les quatre coins de la maison
C’est ainsi que la lune glisse deux cils bleu et blanc
Dans la monotonie
Pour égayer la vie
Pour tirer à elle chaque espérance
Pour diffuser sur terre
Un mouvement positif.


Carole Radureau (13/01/2018)

Lune bleue du 31 août 2012 vue de Guayaquil, en Équateur.Par Josué Cedeño — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20990520

Lune bleue du 31 août 2012 vue de Guayaquil, en Équateur.Par Josué Cedeño — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=20990520

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Espoir de nacre

Repost0

Publié le 9 Janvier 2018

Succédané du monde

De toute chose
De tout le monde
Un à un pallie ce monde
A toute chose
Un vœu précis
Un exaucé
Succédané

Je serai ton image
Quand tu ne seras plus
Apprends-moi qui tu es
Dis-moi que faire
Quand vibrer quand espérer
Succédané du monde
En toi je serai l’image telle
Que tu la souhaitais

Ils ont tiré tout le lait
Ils ont épuisé le sang
Fécond
Ils ont souillé jusqu’à la lie
Ils ont pillé jusqu’au
Tréfonds

Succédané du monde
En toi je serai l’âme la vie la canopée et les abysses
Ils n’auront pas vu
Ma copie
Factice
Pensant que tu n’étais qu’un
Un qui se détruit que l’on détruit
Que l’on pollue et que l’on quitte
Mais je suis là
Bluffant, trompant, imitant, palliant
Offrant
Le palliatif
L’admiratif
Le subjonctif
Et le futur :
Objectif.

Carole Radureau (08/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Terre-mère

Repost0

Publié le 8 Janvier 2018

Je ne peux pas vivre sans la poésie

Je ne peux pas vivre sans la poésie
Je ne peux pas lire vos phrases si
L’aile soyeuse et libérée du condor n’épouse pas la majuscule si
La fleur cendrée et parfumée de la nigelle
N’appuie pas le point

Je ne peux pas vivre sans l’étoile poétique accrochée
A mes rêves
Sans
La douce harmonie qui élève sa chanson
Dans la pantoufle et dans la poêle
Comme pour mimer un sens nouveau
Un sens nouveau à donner au sempiternel
Quotidien

Je ne peux pas vivre sans une touche de beauté
Un poil du pinceau coincé entre les canines du chat
Une eau parfumée à l’encens du rêve
Une encre qui se déguise chaque fois
Différemment

Je ne peux pas vivre sans la magie des mots
Sans leur espièglerie
Sans leur complicité
Si la poésie me perdait en chemin
Si la poésie m’oubliait
Un jour
Si la poésie décidait de dicter ses ordres
A une muse
Différente
La vie serait trop triste
La vie serait trop vide
La vie n’aurait plus de sens.

Carole Radureau (08/01/2018)

Voir les commentaires

Rédigé par caro et hobo

Publié dans #Opale des Andes

Repost0